vendredi 2 septembre 2016

L'amour vache de l'homme envers le cheval






Si auparavant j'étais pour l'équitation éthologique, c'est parce que je considérais que le problème, c'était uniquement la souffrance des animaux. Cela limite tout de même l'exploitation animale car beaucoup sont intrinsèquement sources de souffrance. Mais l'équitation? Un cheval est capable de porter le poids d'un être humain. Donc si on s'en tiens à la souffrance quantifiable, on peut tout à fait imaginer une équitation sans roll kur, sans mors, sans cravache, sans selle mal fichue, avec un parage au naturel...
Mais on reste dans l'utilisation de l'animal pour son plaisir propre. D'aucun objecteront qu'il existe une relation forte qui s'établie entre le cheval et le cavalier blabala... Cette relation pourtant ne pourrait-elle pas exister, et de manière beaucoup plus sereine, sans cette volonté de dominer l'animal, d'en faire une monture, un moyen de transport? Cette relation du cheval au cavalier ne serait-elle pas un idéal fantasmé d'une relation fondée sur une utilisation de l'animal, dont pour une fois la torture est facultative? Bien sûr, monter sur un cheval, c'est différent de broyer un poussin. Cependant je pense qu'il serait vraiment intéressant de fonder une relation avec les animaux qui ne soit pas basée sur leur faculté à nous servir d'une manière ou d'une autre.



Je sais que je risque d'énerver les éventuels cavalier et cavalières qui pourraient passer ici. Je ne suis pas là pour vous juger. Je suis sûre que vous avez beaucoup d'affection pour les chevaux, mais j'émets juste l'idée que, peut-être, on pourrait envisager un rapport à l'animal où cette affection ne passe pas par un rapport qui reste, quoi qu'on en dise, de l'ordre de la soumission.

14 commentaires:

Kevin Morata a dit…

L'équitation n'est qu'un caprice spéciste, un de plus... Surtout de nos jours où elle ne se résume plus qu'à un divertissement. Attention un divertissement de l'homme, par l'homme et pour l'homme...

Les chevaux, s'ils prennent plaisir ou ont l'air d'être heureux dans leur usage, ce n'est que par conditionnement.
d-é-b-o-u-r-r-a-g-e... on oblige, contraint un animal au tempérament farouche à obtempérer pour qu'il fasse ce qu'on exige de lui. Oui oui, j'ai bien dit CAPRICE d'ÊTRE HUMAIN !

Reubeuh a dit…

Mais du coup tous les animaux domestiques sont concernés non ?

Reubeuh a dit…
Ce commentaire a été supprimé par l'auteur.
veggie poulette a dit…

Si tu te sers de ton chien pour tracter un traîneau, oui, je ne vois pas trop la différence, mis à part que je n'ai jamais entendu quelqu'un dire qu'il avait fait un équipage de chiens de traîneau "éthologique". Ceci dit le terme "d'animaux domestiqué" est large et regroupe également les animaux dit "de ferme" dont on est pas sans savoir les malheurs, mais dont j'ai supposé quie tu ne faisais pas mention..

Grasyop a dit…

De mon point de vue (utilitariste), les notions de domination, propriété, exploitation, ne sont pas pertinentes, la seule chose qui compte étant : le cheval souffre-t-il ? Bien sûr, il faut tenir compte des souffrances physiques, mais aussi psychologiques, via la privation de liberté notamment.

Si un humain peut tirer bénéfice d’un animal sans faire souffrir celui-ci, je ne vois pas le problème. Même si l’animal n’en tire pas un bénéfice équivalent.

Par ailleurs, je n’aspire pas à une société dans laquelle les humains et les autres animaux vivraient dans deux mondes hermétiquement séparés et n’auraient donc plus aucune relation entre eux. Il me semble que si je peux aujourd’hui avoir de l’empathie pour les animaux, c’est parce que j’ai pu en côtoyer et apprendre à les connaître dans mon enfance. Il me semble que préserver certains liens (les plus éthiques) avec les animaux peut aider la société à prendre conscience de leurs natures et de leurs besoins, que l’évolution de la société vers le véganisme est très lente mais qu’elle serait encore plus lente sans ces liens. Je ne suis pas sûr que je défendrais le véganisme aujourd’hui si, enfant, je n’avais découvert les animaux que via la télé, les livres, ou même une observation distante dans la nature, sans interaction.

N.b. : à ce jour, je ne fais pas d’équitation, et je n’ai pas d’animal de compagnie.

veggie poulette a dit…

On l'aura deviné, je ne suis pas utilitariste, car je considère que c'est une philosophie de comptables qui ne peut souffrir d'aucun critère particulier. On peut le constater notamment ici avec la question de l'aliénation et de la domination, puisqu'on peut considérer qu'il est possible (dans des conditions particulières tout de même, ce qui n'est pas le cas dans la plupart des pratiques d'équitation, il faut le souligner) de monter sur un cheval sans engendrer de souffrance physique ou psychique (ce qui reste à démontrer).
Pour autant mon propos est de savoir s'il est indispensable d'avoir systématiquement un rapport de domination envers l'animal pour avoir une relation avec lui.
Pour la suite, je n'ai JAMAIS (jamais jamais) dit qu'on devait vivre totalement en dehors des animaux non humains, sans avoir d'interaction d'aucune sorte. Au contraire, je propose qu'on ai des interactions sans avoir à se servir d'eux. Mais peut-être n'était-ce pas assez clair?

Kevin Morata a dit…

Il suffit d'observer ce qui se passe entre les humains et les animaux dans les refuges abolitionnistes pour se convaincre que d'autres relation que celles que Grasyop décrit sont possibles...

Pourquoi devraient-ont résumer le problème de l'utilisation des animaux à leur seule souffrance ?
Nous sommes déontologue, et c'est la seule position morale qui soit acceptable, et vous le savez, au fond de vous.
La preuve : envisageriez-vous d'inverser les rôles ? Vous ne souffreriez pas... Ou bien, que penseriez-vous de cette situation où une civilisation plus puissante nous utiliserait sans nous faire souffrir, voir même qui nous choierait, mais tirerait un bénéfice quelconque de cette situation ?
Réponse : injustice.

Les handicapés mentaux n'ont parfois pas conscience de leur droit et pourtant nous leur en accordons bien (heureusement!., qui pourrait dire le contraire ??...). Accorder aux animaux le minimum c'est à dire le droit de ne pas être utilisé de n'importe quelle sorte par les humains est un minimum, indépendamment de présence ou non de souffrance.

https://youtu.be/0cjQ19TiQf0

Qu'on se le dise : d'autre relations avec les animaux sont possible. C'est à nous de le vouloir. On pourrait par exemple, apprendre d'eux, découvrir leur façon de voir le monde, ça nous grandirait beaucoup, je pense...
La seule "domination" qui devrait être admise, c'est celle de l'amour, en témoigne cette vidéo.

Bien à vous :)

Reubeuh a dit…

Rah zut ça ne m'a pas indiqué ta réponse...

Non je parlais de mon chien, mon chat, mon lapin... Issus de sauvetage donc à mes yeux une bonne action, mais si j'adopte en élevage par exemple, pour mon plaisir, je cautionne l'utilisation de l'animal (repro) pour que moi j'ai ce que je veux...

Ou pour aller plus loin, je considère que mon animal est plus heureux si je respecte ses besoins mais alors qu'en est il des carnivores ?

Ou bien de mon lapin que j'enferme le soir et que j'empêche de creuser des terriers pour sa sécurité ?

(Je précise, je suis pas un troll hein, ce sont de vraies questions et je suis pas sûre qu'il y ait de "bonne" réponse...)

Reubeuh a dit…

Enfin par exemple... J'ai adopté ma lapine "de chair" pour la sauver de l'élevage. Mais du coup j'ai payé un éleveur donc cautionné ce qu'il fait en un sens (même si je lui ai dit que je l'adoptais pour la sauver etc lui s'en fiche !)

Mon chien vient d'un sauvetage avec 2 de ses frères et soeurs car la propriétaire de la mère voulait 4 chiots à vendre pas plus et elle tuait les autres... Donc en soi j'ai cautionné ce qu'elle faisait... Mais je n'aurai pas su quoi faire d'autre...

Ma chatte vient d'un refuge alors c'est encore différent... Je suis pas sûre que ça "cautionne" les abandons...

veggie poulette a dit…

J'avoue que je ne comprends pas trop quelle est la question.
Après, pour ce qui est de cautionner ou non les élevages, je vais, une fois n'est pas coutume, faire une comparaison avec l'humain. L'esclavage existe encore, et une ONG (je parle d'un truc qui date, donc si ça se trouve cette ONg n'existe plus ou ne fait plus ça...) rachetait des esclaves pour les libérer. Louable intention, sauf que du coup, le trafic d'esclave avait augmenté pour fournir la dite ONG.

On dit que l'enfer est pavé de bonnes intentions, et il est vrai qu'il est difficile de bien faire avec les animaux, d'autant plus que la barrière de l'espèce est un frein certain à la compréhension.
Vous parlez d'espèces domestiques, il y a aussi le problème de recueillir des espèces sauvages pour les "sauver" sans pour autant les réadapter à leur milieu naturel ensuite. Dans les questions de sauvetages, de domestication et de réhabilitation, je n'ai pas de formule toute prête, que des questions.

Reubeuh a dit…

En fait mon questionnement était plus, est ce qu'en adoptant des animaux domestiques (même chiens chats etc pour leur offrir une vie de famille) ça ne fait pas le jeu de ceux qui utilisent les animaux pour leur intérêt (élevage etc)...

Du coup en temps que vegan il faudrait carrément ne pas avoir d'animaux domestiques.

(C'est une question hein pas un jugement, j'ai déjà vu les deux points de vue dans un débat vegan et au final je ne sais pas s'il y a un point de vue "juste"...)

veggie poulette a dit…

Si le chat ou le chien vient d'un élevage ou d'une animalerie, ça cautionne le système spéciste qui considère l'animal comme une marchandise et ça engendre bien des souffrances.

Si l'animal est adopté via un refuge, je ne vois pas trop où serait le soucis, vu que ça sauve un animal abandonné sans donner de l'argent à un élevage. D'un point de vue éthique je ne comprends pas trop où est le problème. Si tu as des contre-arguments abordés dans ton débat je veux bien les entendre, ne serait-ce que par curiosité, parce que là je vois pas.

Reubeuh a dit…

Et bien on m'a déjà dit qu'en ayant des animaux domestiques je continue à montrer que c'est normal d'avoir des animaux à sa disposition (même s'ils viennent de refuge)... En plus j'ai deux carnivores (mais là j'entends bien l'argument) dont un chat que je laisse sortir... Que même pris dans un refuge il a au départ amené de l'argent à quelqu'un donc pas bien... Et puis finalement que tous les animaux devraient être uniquement à l'état sauvage et que donc en avoir des domestiqués n'est pas normal (dans l'idée je veux bien, mais bossant dans la protection animale je ne me verrai pas détourner les yeux et les laisser mourir...)

veggie poulette a dit…

Pour le dernier "argument" c'est le genre de cas d'école dont raffole les carnistes, du genre "qu'est-ce que tu fais si t'es coincé dans le désert avec juste un steak??". Cela présuppose dans le cas présent qu'on vit dans un monde où les chats et les chiens peuvent vivre libre sans se faire maltraiter ou euthanasier à la fourrière. Ce qui n'est pas le cas actuellement. Et je reviens donc à la première objection. Je pense que les antispécistes qui adoptent un animal issu d'un refuge cherche à lui offrir une belle vie, dans un cadre certe limité par un monde spéciste, mais sans volonté "d'utiliser" l'animal à son profit.
Pour les animaux carnivores, il existe des croquettes vegans (qui coûtent un demi-rein le paquet, mais de toutes façon, au prix du véto, prendre un animal dans son foyer suppose un budget conséquent malheureusement).