lundi 18 janvier 2010

Chasse, pêche, nature et gros cons





Cette histoire c'est un peu du grand n'importe quoi, j'avoue, surtout que la réalité c'est plutôt ça:



...
Pour ceux qui se disent: "ben oui, mais la chasse est faite pour réguler les espèces!"

Sachez que par exemple on tue en une journée autant de sangliers qu'autrefois en un mois. Les raisons de se massacre? L'égrainage, qui a modifié les cycles de reproduction des laies avec des naissances toute l’année, permettant ainsi la surpopulation et donc la justification du carnage. Autrement dit, ce sont les chasseurs qui déregulent l'espèce pour mieux pouvoir la tuer, pardon la "réguler"! Certains chasseurs le reconnaissent eux-même: "C’est nous qui, en moins de trente ans, avons transformé le sanglier, l’animal mythique, en bête semi-domestique, en "cochonglier" selon le néologisme couramment employé."

Normalement, s'il y a trop d'animaux, la régulation se fait naturellement, car la surpopulation entraine famines et maladies. C'est le cas pour les sangliers, mais aussi pour les cerfs, à qui sont également destinés ces épis de maïs que laissent régulièrement des chasseurs. Cela leur permet également de maintenir les animaux dans un territoire de chasse donné (là où les chasseurs laissent de la nourriture, ils reviendront plus tard chasser, certains que les cervidés reviendront se nourrir).

Certaines espèces sont mêmes introduites dans le seul but d'être plus tard chassés. Dans les Landes, les chevreuils ont été introduits pour les chasseurs, causant surpopulation et dégâts.

Quelles sont les solutions en dehors de la chasse, pour réguler les espèces?
Encore une fois, à l'état naturel, les animaux se régulent d'eux-même! Quand aux nuisances, il s'agit pour les cervidés de dégâts sur la végétation (pas pour le sanglier, qui est un animal fouisseur). Ces dégâts ne détruiraient pas la forêt à long terme, même en laissant l'animal s'auto-réguler, et ce malgré l'absence de prédateur (déjà précédemment exterminés par l'homme). Cependant il diminue la valeur des arbres pour l'exploitation sylvicole (aboutissement, frottis et ecorçage)... ll est cependant possible d'effectuer une série d'aménagements tels que:
-pose de clôtures
-mise en place de substances répulsives
-l'implantation préférentielles d'essences arboricoles moins appétentes à proximité des massifs
-réalisation de petites parcelles de culture à gibier
-positionnement de jachères adaptés à la faune sauvage...
Et bien entendu, il faudrait que les chasseurs arrête de nourrir le gibier, particulièrement à proximités des zones agricoles!
Quand à la réintroduction d'espèces prédatrices, elles ne se font jamais sans heurts avec les populations agricoles... Cependant si on laissait les dits prédateurs chasser à la place des chasseurs, ils seraient moins tentés de se "servir" dans les élevages à proximité (et d'ailleurs si on supprimait l'élevage... mais bref...).

10 commentaires:

Anonyme a dit…

bon article, et surtout très bon strip.
efficacité testée et approuvée !

veggie poulette a dit…

Merci beaucoup!!

Dune a dit…

Bah chez les G.... en Sologne, il donne à manger aux animaux (sangliers, cerfs, chevreuils etc...)mais la chasse est interdite, un paradis ! En tous cas, article très intéressant et me persuade d'être une fervente anti-chasse !

Grasyop a dit…

Si j'étais un sanglier, je préfèrerais sans doute être tué d'un coup de fusil que mourir de faim ou de maladie après une longue agonie. Même si cette agonie est "naturelle", ce qui m'est bien égal. Pour cette raison, je ne sais plus trop quoi penser de la chasse.

En tout cas, je préfère la chasse à l'élevage : certes les animaux sont tués à la fin, mais au moins ils ont eu une vie pas trop moche, libres de gambader dans la nature, et pas dans un hangar ou une cage.

veggie poulette a dit…

C'est vrai grasysop, tu n'es pas un sanglier... Moi entre mourir d'une blessure mortelle de chasse , ou bouffé par des chiens comme pendant la chasse à courre, après une course qui m'aura épuisé à m'en faire sortir les yeux des orbites, ou de maladie ben franchement je sais pas trop. C'est un peu comme choisir entre lécher le quai du métro ou embrasser un vivisecteur avec la langue!
Mais bon à vrai dire encore une fois les sangliers n'était pas en surnombre quand les chasseurs ne les nourrissaient pas. Ce n'est pas tant qu'il mourraient de faim que leur reproduction se faisait en fonction de la nourriture disponible (c'est ça l'auto-régulation).
Tu dis préférer la chasse à l'élevage, hélas! J'ai peur de te faire perdre tes illusions, mais je dois t'avouer que beaucoup d'animaux sont élevés pour la chasse (merde ils subissent les 2! Pas de chance!).

Grasyop a dit…

J'ai besoin de quelques révisions sur la chasse, en effet. J'étais également persuadé que la chasse à courre était interdite en France et autorisée en Angleterre, alors que c'est le contraire.

Sur l'auto-régulation, je reste un peu sceptique : j'aimerais bien savoir dans quelle proportion ça fonctionne par non-reproduction, et dans quelle proportion par famine-maladies.

veggie poulette a dit…

Aucune idée, il faudrait pour cela interdire la chasse totalement (sans braconnage!) sur un très grand territoire, car en effet dans un petit espace la population animale se concentre d'où les risques de famine...
La solution? Encore une fois, ce sont les choix de culture et de sylviculture qui pose question, et donc la place que prend l'homme sur le territoire. Je suis dans l'idéal pour une ingérence total sur la question animal (on leur fout la paix une bonne fois pour toute), hélas ce n'est pas si simple puisque nous empiétons sur leur territoire, dans le sens où même en France où les forêts sont relativement bien préservées, elles sont exploités, avec une vision de la biodiversité qui prend en compte la chasse! Donc comme je le disais dans l'article, il faut réadapter la forêt au monde animal, installer des parcelles cultures qui leur soit réservé, afin que la diminution de la population se fasse sans heurt (et sans famine).

nicolibri a dit…

J'aime pas la spécialement chasse, mais je pense que c'est un faut problème. Vu des villes ça peut paraître assez archaïque, mais les villes possèdent aussi leur terrains de chasse et autres techniques prédatrices tout aussi absurdes et parfois plus vicieuses.La manière de nourrir les ville cause les plus gros dégâts écologiques sur toutes les espèces. La chasse est très règlementée et tuer une bête de ses propres mains est-il plus absurde que de manger des animaux dans une sorte d'abstraction de la viande sans se les salir (ses mains). Il y a des pratiques de chasses stupides (comme nourrir les animaux et les asservir) il l'y a de gros cons de chasseurs mais pas tous, (les gros cons se trouvent dans toutes les strates de la société). Alors les généralité et les bonnes pensées qui survolent les choses souvent de loin sont parfois un peu rapides...

nicolibri a dit…

Bref on est dans un monde de gestion: gestion des territoires, de la nature, des loisirs, des générations, des désirs etc...Alors oui ce n'est pas parfais et c'est complexe et absurde. J'espère que certaines choses y échappent à la gestions, mais le passage est étroit.La bête sauvage qui est en nous se faufile ...et paradoxalement crée le chasseur et le chassé: l'espace de fuite .

veggie poulette a dit…

Avant de dire qu'on parle de généralité, et de faire tout un poème sur la "gestion" (my god on se serait cru dans mes comptes-rendus de beaux arts!), venons en peut-être au faits. La réalité de la chasse en France, c'est une corporation qui ligote toute législation, et . Il existe un livre qui s'intitule "pour en finir avec la chasse", de Gérard Charollois, qui développe tous les textes de lois et les compare avec nos voisins.
Rien que le fait que si les oiseaux chassés n'étaient pas importés massivement d'élevage, il n'y aurait déjà plus de migrateurs, ça devrait suffire à ne pas considérer la chasse comme "un faux problème". Sauf si on est soi-même chasseur ou fils/ fille de chasseur...
Mais d'ailleurs c'est quoi cette expression? Tous les gens qui méprisent une cause n'osent jamais dire: je m'en carre les flancs" mais "oh c'est un faux problème". C'est donc ça un euphémisme?